Les noms de nos navires : les personnages historiques

Notre série « Les noms des navires » continue. Il y a quelques mois nous vous présentions les noms inspirés de la nature. Nous vous retrouvons aujourd’hui avec la suite de cette série centrée sur les personnages historiques emblématiques de la Corse.

Pascal Paoli, le père de la patrie (1725 – 1807)

Né le 6 avril 1725 à Morosaglia en Haute-Corse, Pascal Paoli est le fils de l’un des chefs des insurgés qui s’exile à Naples en 1739, emmenant Pascal Paoli avec lui alors âgé de 14 ans. A 16 ans il suit une carrière militaire dans le régiment de son père.

Il est rappelé en Corse par ses compatriotes indépendantistes en 1755 et arrive à la tête du mouvement indépendantiste en tant que « général de la nation » pour prendre part à la rébellion contre Gènes – à cette époque, le peuple corse fait face à une domination génoise. Le 14 juillet 1755 il proclame l’indépendance de l’île.

Pascal Paoli gouverne la Corse pendant près de 15 ans, tandis que Gènes signe un traité avec la France. Cette dernière s’empare de l’île et bat les indépendantistes de Paoli lors de la bataille de Ponte-Novo en 1769. Il s’exile en Angleterre puis revient en 1790 pour retrouver sa Corse natale et être élu commandant en chef de la Garde Nationale et président du Directoire Départemental.

Cependant bien rapidement il décide de prendre ses distances avec la Convention. Il est considéré « traitre à la Patrie française » en 1793. Il convoque un consulat en 1794 où les patriotes corses et députés élèvent Pascal Paoli au rang de « Père de la Patrie ».

Il se rapproche de l’Angleterre où il est très apprécié afin d’unir la Corse à cette nation : c’est le début de l’éphémère royaume anglo-corse de juin 1794 à octobre 1796 avec à sa tête le vice-roi anglais Sir Gilbert Eliot. Pascal Paoli est écarté du pouvoir et s’exile à Londres en 1795 où il y finira ses jours en 1807. Pendant son dernier exil, l’armée française reprend le contrôle de la Corse abandonnée par les Anglais.

Saut de paragraphe

Danielle Casanova, la résistante militante (1909 – 1943)

Née Vincentella Perini en 1909 à Ajaccio, Danielle Casanova poursuit ses études secondaires dans sa ville natale, à Marseille puis à Paris. Elle entreprend des études paramédicales et adhère à différents mouvements communistes devenant ainsi responsable de la section dentaire de syndicats étudiants.  

Elle devient chirurgien-dentiste en 1932 à 23 ans. Elle se marie à Laurent Casanova, prenant son nom d’usage Danielle Casanova. Elle vit à Paris lorsqu’elle enchaine les adhésions à des mouvements communistes, d’abord élue membre d’une nouvelle direction de Jeunesses Communistes, puis secrétaire générale du Comité mondial des femmes contre la guerre et le fascisme.

Elle suit l’école du parti à Moscou, intégrant un nouveau comité de jeunesses communistes. Elle participe activement au journal Jeunes Filles de France puis finit par créer le journal La Voix des Femmes en 1936.

Fidèle à son engagement militant, elle agit dans la clandestinité lorsque son parti devient interdit en 1939.

C’est en février 1942 qu’elle est arrêtée à la suite de sa participation à un mouvement de protestation contre l’occupant et la politique de Vichy. Emprisonnée, son incarcération ne l’empêcha pas de continuer à militer.

En janvier 1943, Danielle Casanova est déportée à Auschwitz-Birkenau avec 229 autres femmes. Une épidémie de typhus se répand dans les camps alors qu’elle remplace la dentiste en fonction. Elle décède quelques jours après l’apparition des premiers symptômes, en mai 1943 à l’âge de 39 ans.

Elle reste une figure représentative de l’esprit de Résistance des Corses.

Saut de paragraphe

Jean Nicoli, le résistant (1899 – 1943)

Né Jean André Napoléon Nicoli le 1er septembre 1899 à San-Gavino-di-Carbini dans une famille modeste d’épiciers, il suit une formation d’instituteur à Ajaccio où il enseigne jusqu’à ses 26 ans. Il épouse une institutrice Marie-Jeanne Olivieri et partent tous deux s’installer en Afrique-Occidentale.

Le couple y reste jusqu’en 1934 lorsque Marie-Jeanne rentre à Paris pour raison de santé. Jean Nicoli adhère alors au parti politique le SFIO en 1936 avant de rejoindre la Corse en 1937 après la mort de son épouse.

Il devient directeur d’école à Propriano et Olmeto, en Corse du Sud, tout en s’impliquant face aux revendications de l’Italie fasciste. Il rédige des articles pour le Journal de la Corse et s’engage dans les premiers groupuscules résistants de son village natal. Quelques années plus tard il devient l’un des principaux responsables du Front National de la Résistance d’Ajaccio et adhère en 1942 au Parti communiste clandestin.

Il est responsable en 1943 de la réception d’armes expédiées par parachutes et sous-marins français et britanniques, ce qui lui vaut d’être activement recherché par l’OVRA, la police secrète de Mussolini. Arrêté lors d’une nouvelle réception d’armes il est incarcéré à Ajaccio, puis transféré à Bastia.

Il est condamné à mort pour espionnage militaire, puis exécuté en août 1943, à l’âge de 44 ans.

Quelques jours avant sa mort, il écrit à ses enfants sur un paquet de cigarettes « … Si vous saviez comme je suis calme, presque heureux de mourir pour la Corse et pour le parti. Ne pleurez-pas, souriez-moi. »